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La Gauche européenne : capable de façonner et d’influencer la réalité


de : Paris
mercredi 19 septembre 2007 - 10h33 - Signaler aux modérateurs

Relations et construction européennes

Le deuxième Congrès du Parti de la gauche européenne a lieu au moment où un défi crucial est lancé aux citoyens européens, à leur vie sociale, économique, culturelle et politique – le défi de produire des réponses nouvelles et concrètes pour l’avenir de l’Union européenne, du continent tout entier et du monde. Dans nos pays et dans l’Union européenne, nous sommes confrontés jour après jour à des politiques incapables de présenter une alternative crédible pour sortir de l’impasse dans laquelle les choix libéraux ont conduit l’humanité. Chaque être humain aspire à une vie digne et à être maître de son destin. Au lieu de cela, les politiques dominantes refusent de garantir aux citoyens européens leur droit de pouvoir décider de l’avenir du continent. Un changement de direction politique est notre objectif stratégique. Les élections européennes de 2009 sont une opportunité importante pour le PGE d’introduire un changement de direction en Europe.

 Sommaire
 I. La Gauche européenne : (...)
 II. Domaines dans lesquels la
 III. Pour un nouveau modèle

Sommaire I. La Gauche européenne : une autre politique pour une autre société

A. Où nous en sommes.

Le thème de l’alternative entre « socialisme et barbarie » est une fois encore à l’ordre du jour. Nous nous trouvons confrontés au danger d’un désastre environnemental, du réarmement, de la guerre permanente et de la privatisation de toutes les sphères de la vie, à la contradiction entre capitalisme et émancipation humaine.

La stratégie de la guerre préventive s’est traduite par un échec et a provoqué une crise, mais l’Europe et les gouvernements de ses Etats membres sont incapables de rompre avec cette logique. On ne voit pas encore apparaître un nouveau processus multilatéral capable de remettre la politique au centre dans la résolution des conflits internationaux. Les événements tragiques qui se déroulent au Moyen-Orient, en particulier en Palestine le confirment. Cette incapacité pourrait provoquer une nouvelle escalade de violences et une exacerbation de la spirale de la guerre et du terrorisme.

Cette logique conduit aussi à une course aux armements et à la militarisation des politiques européennes sous l’hégémonie des États-Unis.

D’autre part, le caractère totalisant du capitalisme à sa phase actuelle se fonde sur la prétendue nature exemplaire de l’entreprise, qui n`est plus perçue seulement comme organisatrice de la production et agent économique, mais comme le modèle de l’organisation entière de l’économie et de la société.

Ce modèle prétendument neutre entend ainsi se substituer à la politique ou l`asservir à ses propres fins.

De ce fait, il apparaît de manière de plus en plus évidente que l’actuelle tentative dans les pays européens occidentaux de démanteler le secteur public ainsi que l’attaque violente contre les organisations syndicales répondent à la logique d’une élimination de secteurs qui sont considérés comme « non-rentables », voire carrément comme faisant obstacle à l’exercice direct du pouvoir de ces nouveaux acteurs politiques. Les grandes questions économiques seraient déléguées à la bourgeoisie, aux banques et aux grandes institutions, pendant que la politique devrait commencer là où s’achève l’économie.

Les choix néolibéraux entérinés par Maastricht ont provoqué une aggravation des conditions de vie matérielle de larges secteurs de la population, entraînant une crise de rejet de l’intégration européenne.

Cette crise est due au caractère non soutenable d’un modèle économique, environnemental et social qui génère des inégalités insupportables, des catastrophes écologiques, la précarité au travail et dans la vie de chaque jour. Ce modèle est incapable de faire face aux difficultés politiques qui sont à la base de la crise de cohésion sociale et politique qui traverse le Vieux Continent.

Ce vide et l’absence de perspective de changement sont susceptibles d’entraîner la victoire de projets populistes basés sur des éléments xénophobes et racistes mélangés au néolibéralisme. Leurs instigateurs utilisent les peurs et l’insécurité comme levier d’un populisme réactionnaire de masse, de tendances nationalistes qui pourraient avoir des conséquences fatales pour les droits civils, l’égalité démocratique, la défense des conquêtes sociales et l’Etat social.

Pour faire face à de tels défis, il faut travailler à des dynamiques sociales, culturelles unitaires et populaires, capables d’engager le combat de la transformation sociale dans les conditions d’aujourd’hui, et de redonner sens à l’engagement politique.

La crise qui affecte tout le corps social, bien que dans des conditions différentes selon les différents pays, est une crise de la cohésion sociale qui prévalait en Europe. Cette crise engendre et aiguise des conflits, mais ces conflits présentent des formes et des modalités nouvelles au regard des catégories politiques traditionnelles, qu’elles soient de droite ou de gauche.

La crise de la politique est l’un des effets les plus dangereux et insuffisamment explorés du modèle néolibéral, un modèle qui a été imposé à notre continent depuis maintenant vingt ans. Cette crise des relations entre politique, institutions et société a généré un vide alimenté par l’absence de perspective, créant le sentiment que la politique est incapable de résoudre les grands problèmes de notre temps.

Le moment est venu d’ouvrir une perspective nouvelle à partir de cette réalité.

Notre congrès doit s’atteler à cette tâche. Il doit permettre au PGE d’affronter ce défi, qui est lancé à toutes les forces politiques dans l’Union européenne, dans ses pays membres, ainsi que dans tous les pays du continent européen et dans le monde entier.

Le Parti de la gauche européenne est né de la volonté des partis politiques qui proposent la transformation sociale et des alternatives aux politiques néolibérales. La Gauche européenne est un acteur politique qui entre en compétition avec confiance avec les autres forces politiques pour influencer la réalité de l’Europe. Par notre engagement actif dans les institutions et dans divers mouvements alternatifs, nous renforçons le réseau des “ contestataires ”. Nous voulons contribuer à construire des alliances qui fassent la différence et permettent de réelles alternatives.

B. Luttes, mouvements sociaux et le rôle du PGE

Les luttes populaires, les mouvements sociaux et citoyens ont mis une exigence à l’ordre du jour à l’échelle universelle : “ Un autre monde est possible ! ”

Le mouvement altermondialiste a été capable de mettre en question non seulement les grandes institutions internationales et transnationales, mais aussi le pouvoir économique. Malgré son développement discontinu, un tel mouvement est toujours une ressource précieuse pour un renouveau dans les politiques de gauche.

Le Non français et néerlandais au traité constitutionnel a eu un impact dans tous les pays de l’Union européenne et a mis en évidence la crise profonde de confiance des peuples envers les orientations néolibérales des politiques européennes. L’Europe connaît d’importants conflits de nature sociale, civile et culturelle. Les syndicats doivent faire face à de nouveaux défis. La “ vieille ” contradiction capital/travail est traversée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les genres, les générations, les cultures, les groupes ethniques et en particulier par une prise de conscience nouvelle de l’imbrication de la relation entre l’humanité et l’environnement.

Mais la plupart de ces luttes ne s’unissent pas automatiquement, ni n’établissent de connections avec les formes de représentation politique.

Beaucoup d’exigences émanant des nouvelles générations et concernant la vie au travail, la vie en général, les relations interpersonnelles influencées par la question du genre ne peuvent pas par elles-mêmes se transformer automatiquement en une culture hégémonique, comme l’appelait Antonio Gramsci, en des repères pour la société et les individus. Cet ensemble d’exigences ne peut se traduire en projet de société que si elles interagissent avec une culture de transformation et une structure politique adéquate capable d’organiser la participation des forces de la contestation et de la transformation sociale.

C´est l´engagement du PGE.

Nous ne pouvons répondre à ces demandes que par une transformation en profondeur de la culture politique. Cela implique un grand travail d’innovation théorique et dans la pratique.

Si nous ne sommes pas capables de faire cela, le travail sera réduit à un simple facteur économique, au lieu de se proposer comme un exemple d’émancipation et de liberté individuelle et collective. La crise de la gauche et de la démocratie ira en s’accentuant.

Nous parlons d’une société traversée par tous les mouvements pour le changement et par toutes sortes de divisions, d’isolement, d`explosions de violence, notamment contre les femmes, d’individualisme et d`égoïsme « tribal ». Face à tout cela, nous devons construire un système social et culturel unitaire dans le champ d’action des luttes pour le changement et contribuer à un processus d’unification, de socialisation et de politisation partagée.

Nous devons concevoir la transformation de l’ensemble de la société comme partie intégrante d’une grande transformation culturelle en introduisant de nouvelles manières de vivre ensemble.

C. L´Europe et les institutions

La crise de légitimité de la politique met en danger le processus d’intégration européenne. La confiance dans les institutions européennes n’a jamais été aussi faible.

Invariablement, les récents Conseils des chefs d’État se sont limités eux-mêmes en orientant les intérêts de l´Union européenne vers la compétition mondiale sur le marché du travail, les politiques énergétiques, les ressources naturelles et autres terrains. La “ Déclaration de Berlin ” du 25 mars 2007 et le Sommet européen de juin 2007 ont insisté sur les logiques du marché intérieur et du cadre fixé par le traité de Maastricht. Ce qui veut dire ne pas changer le cours de l’orientation néolibérale des politiques d’intégration européenne et, avec elle, la démarche politique du nouveau traité. En outre le choix de confier la décision à une conférence intergouvernementale et au Conseil européen sans laisser place au débat démocratique ni le moyen de se prononcer par référendum ne peut qu’approfondir le fossé entre les citoyens et le projet européen.

Ainsi, les gouvernements européens tentent de contourner – au lieu de les dénouer – les nœuds politiques qui sont à la base de la crise de l’Union européenne. Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les conquêtes sociales nées des mouvements ouvrier, féministe, pacifiste, écologiste, celles que la victoire sur le fascisme et le nazisme a produites aussi bien dans les pays de l’est et de l’ouest de l’Europe, mais c’est jusqu’au droit du travail, au droit de s’organiser ensemble.

La subordination du système politique aux intérêts des marchés financiers et du pouvoir économique capitaliste, la concentration des pouvoirs, la personnalisation de la vie politique remettent en question l’organisation traditionnelle de la société civile.

Les pressions sécuritaires de plus en plus fortes, dans l`État central et dans l`administration des territoires, constituent l`autre visage de cet épuisement progressif de la démocratie. Si l`exception tend à devenir la règle, si l`état d`urgence se fait condition permanente, si les espaces de libertés se réduisent, la tâche la plus importante de l’action publique devient aussi et surtout, sinon exclusivement, celle de l`action répressive et de l`ordre.

La Gauche européenne doit faire un bond qualitatif dans son action politique. Cela dépend de notre capacité à opposer de façon crédible à la conception néolibérale de la société présentée comme la seule possible la conviction que les réalités peuvent être changées.

Cela exige un combat permanent contre l’idéologie néolibérale, pour des solutions aux problèmes spécifiques découlant des expériences quotidiennes des citoyens. Ces luttes représentent dans leurs effets l’entrée dans une transformation sociale et écologique de l’Europe.

Il y a ici des croisements clairs entre les positions du mouvement des salariés, des syndicats, des mouvements altermondialistes, du Forum social européen, les positions des mouvements féministes, écologiques, sociaux ainsi que du monde de la science et des arts. Et, à coup sûr, de toutes les forces politiques qui composent le PGE.

Ce projet exige une interconnexion plus étroite de la part de nos partis au niveau européen, le développement de nouvelles formes de communication et de coopération. Il exige un profil politique plus marqué dans notre lutte parlementaire et non parlementaire au niveau européen. Notre ambition est de briser la grande coalition populiste, conservatrice, sociale-démocrate qui a construit jusqu’ici le projet européen. Notre ambition est de lancer la proposition d’une alternative de gauche.

Dans ce sens, le désastre social engendré par les réformes du marché du travail et par la croissance rapide de ce que nous avons appelé le “ précariat ” vise à l’affaiblissement de la capacité à soutenir l’assaut en cours.

C’est la voie dans laquelle se dirige la politique européenne, à commencer par le Livre vert qui est une véritable tentative de démanteler la méthode de négociation collective en faisant prévaloir un modèle d’emploi individualiste. La précarité n’est pas seulement la condition à laquelle les jeunes doivent faire face dans le monde du travail ; elle est une condition sociale et culturelle.

Elle ne constitue pas seulement un problème économique. Elle concerne la civilisation tout entière, la crise de l’existence humaine elle-même – telles les questions ouvertes des rapports entre les sexes, les générations, les communautés, entre l’individu et la classe, l’individu et la société. Au cœur de tout cela, il y a un vrai enjeu de civilisation. Et la croissance énorme des inégalités en devient le trait le plus marquant.

D. Pour une reconstruction démocratique de l’Europe.

Le Parti de la gauche européenne a été le seul acteur politique du continent à présenter une position unitaire sur le traité constitutionnel européen. Notre opposition à ce traité a pour point de départ la critique du modèle antidémocratique, néolibéral et militariste de la construction européenne (un modèle institutionnalisé par ce traité lui-même).

Nous l’avons déjà dit et nous le redisons : après avoir été rejeté par les référendums français et néerlandais, ce traité est mort. Tous ceux qui tentent des opérations d’alchimie institutionnelle pour le faire renaître en tournant autour des raisons de son rejet – comme les gouvernements européens essaient de le faire – conduisent l’Europe à une nouvelle impasse. Le projet de « traité modificatif », qui reprend en réalité la substance de l’ex-TCE rejeté, ne résoudra en rien la crise de consensus actuelle. De plus, toute opération ayant pour but d’exclure les peuples de la ratification du traité sera non seulement intolérable, mais dangereuse pour l’avenir même de l’Union européenne.

Actuellement, le risque existe plus que jamais que « l’obstacle » constitué par l’expression des volontés des peuples soit éliminé. C’est pourquoi nous demandons qu’un véritable débat sur le contenu d’un nouveau traité associant les peuples ait lieu avant toute décision et que sa ratification se fasse par référendum dans tous les pays de l’Union européenne.

Avec les orientations fixées au Conseil européen de juin 2007 s’est ouverte une période de négociations conduisant à l’élaboration d’un nouveau traité qui devrait être ratifié d’ici à la présidence française de 2008 et les élections européennes de 2009. Pour le PGE et les forces qui agissent pour une autre Europe, l’enjeu est considérable.

La Gauche européenne est opposée à ce projet de traité qui, de fait, vise à préserver les fondements libéraux des traités actuels et du traité constitutionnel européen, d’une société régie par la “ concurrence libre et non faussée ” – maintenant intégrée dans un protocole additionnel. On voit le besoin d’un nouveau débat européen à propos des voies futures du processus d’intégration dans le sens d’une refondation de l’Europe.

La seule voie possible pour contribuer à une paix et une coexistence pacifique durables, à une coopération des peuples et des États en Europe pour ouvrir une perspective démocratique, politique et sociale au continent européen est de rompre avec les logiques néolibérales pour réorienter en profondeur le processus européen. Ce débat doit conduire à un nouveau contrat social au niveau européen reconnu par tous les citoyens et les êtres humains qui vivent et veulent vivre en Europe.

Ce débat public à l’échelle de l’Europe doit être engagé, organisé et encouragé. Il faut s’attaquer à la fracture démocratique qui est à l’origine de l´Union européenne, si souvent décrite et reconnue comme un manque de démocratie qui doit être corrigé. Le délit de dépossession de souveraineté commis par les institutions européennes ces dernières années doit être réparé. Nous exigeons une réelle participation populaire à l’élaboration des politiques et du projet européens. C’est la seule issue possible à la crise profonde qui traverse la construction européenne.

Dans ces conditions, les élections européennes de 2009 doivent constituer un moment d’intervention politique avec toutes les forces engagées pour une nouvelle perspective en Europe, et en premier lieu le PGE, pour faire prévaloir une conception nouvelle de l’Europe, en relation avec les luttes sociales, politiques, citoyennes. Nous voulons que le Parlement européen (seul acteur représentant la souveraineté populaire dans l’ordre institutionnel actuel de l’Union européenne) et les parlements nationaux soient réellement acteurs des décisions qui concernent le devenir institutionnel et politique de l’Europe.

La refondation de l’Union européenne doit commencer par ses bases. Elle doit mettre au cœur un nouveau modèle social, écologique et démocratique, en rupture avec les politiques libérales, et associant les peuples à toutes les étapes de son élaboration. Sommaire II. Domaines dans lesquels la Gauche européenne veut contribuer activement à changer

A. La mondialisation capitaliste et l’Europe.

La mondialisation capitaliste, c’est-à-dire l’enserrement du développement et de l’ordre du monde par les règles et les objectifs du capitalisme, montre tous ses défauts, ses limites, sa nature insoutenable.

Notre époque est celle de cette domination du capitalisme financiarisé et militarisé, de ce nouvel impérialisme, avec ses ravages. Elle est indissociablement celle de réalités nouvelles irréversibles et de potentiels liés au développement à l’échelle du monde des échanges et de la connaissance. L’exacerbation de la contradiction entre ces avancées, ces atouts, ce potentiel d’émancipation humaine et d’autre part le carcan de la domination en tout domaine du capitalisme mondialisé rend plus impérative encore la construction d’une perspective de transformation.

Un pouvoir considérable est de plus en plus concentré en un petit nombre de mains : les fonds financiers internationaux, les sociétés transnationales et les organisations supranationales du capitalisme mondial (l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, etc.). Ces organismes sont blindés contre tout contrôle démocratique. Cette dépossession démocratique tient à la volonté des gouvernements des États les plus puissants de prendre, au service des forces capitalistes financières dominantes, des décisions qui prétendent engager le destin de l’humanité.

À ce monopole matériel s’ajoute celui de l’immatériel. La connaissance est devenue, elle aussi, une marchandise d’échange à haute valeur ajoutée.

Nos instruments de connaissance de la réalité et la production des biens nécessaires sont à l’heure actuelle entre les mains d’un petit nombre. L’élément clé de la phase capitaliste actuelle est de créer de plus en plus de profits par le processus d’accumulation du capital sur la production de biens immatériels (connaissance, information, savoirs, communication, formation, divertissement, culture).

Cependant, il y a une différence essentielle entre la nature de ces biens et les biens matériels. La caractéristique fondamentale des biens immatériels est en effet que leur utilisation par un « consommateur » n’en empêche pas l’utilisation par d’autres personnes.

Aujourd’hui, l`objectif fondamental de la gauche doit être d’affirmer la nature de bien public de la connaissance et de se battre pour la réalisation de ce principe. Non seulement à travers l’adoption de mesures adéquates pour en assurer le libre accès, mais surtout pour soustraire la production de la connaissance à la subordination de plus en plus forte des lois du marché.

Les politiques néolibérales ont besoin de réduire l`essence même de la démocratie, c’est-à-dire de diminuer le pouvoir de décision des institutions représentatives des peuples (parlements, conseils, etc.).

Le capitalisme européen tente de répondre à l’expansion du marché capitaliste et de la concurrence à l’échelle de la planète par la réduction du “ coût du travail ”, les politiques de délocalisation des productions, le contrôle des salaires, le recul des droits et des interventions publiques dans l’économie. Nous continuons d’être témoins de privatisations, de la hausse des profits et de la spéculation financière, de la concentration des richesses et de l’accroissement des inégalités, mais sans aucune critique sociale et politique capable d’inverser ces processus. Les critères de Maastricht, qui constituent toujours la base de la politique économique, continuent de corseter les conquêtes politiques et sociales.

Cette fonction de carcan est assurée également par le pacte de stabilité et par les critères monétaristes rigides de la Banque centrale européenne.

Version 1 :

Notre proposition sociale et économique pour l’Europe se base sur cinq principes fondamentaux :
1 ) la nécessité de créer un plein-emploi qualifié,
2 ) le rôle prépondérant de l`intervention financière publique,
3) la nécessité de dépasser le modèle actuel de dégradation de l’environnement,
4) la création d`un secteur public européen et de services publics européens et
5) l`urgence de garantir à tout le monde un revenu minimum et une pension digne.
Pour atteindre ces objectifs nous nous basons sur :
1) le budget européen doit passer de l`actuel 1% du produit global européen à 3%,
2) le rôle de la Banque centrale européenne ne devrait pas se limiter seulement au contrôle de l`inflation mais aussi à une augmentation du niveau de l`emploi et
3) la Banque centrale européenne devrait être soumise à un contrôle démocratique. Cela signifie que nous sommes pour :
A) Une politique industrielle active au niveau européen liée à un secteur public européen capable d’obtenir des synergies entre le secteur public et privé
B) façonner toutes ces tendances dans le respect de l`environnement, non seulement de manière directe mais aussi en rationalisant les besoins et l`utilisation des sources énergétiques.
C) garantir une protection sociale et des conditions de vie dignes, c`est-à-dire défendre les droits humains pour tous ceux qui vivent et qui travaillent en Europe.
La Gauche européenne se propose de changer le système fiscal européen et de passer de l`actuel système (taxe sur la valeur ajoutée, TVA) basé sur le niveau de consommation individuel, indirect et régressif, sous base nationale, à un système de revenus minimums au niveau européen, progressif et avec un effet de redistribution.
Cela implique le passage du système actuel qui diminue la taxation sur les profits du capital et fait porter son fardeau sur les salaires des ouvriers, à un système de progression fiscale capable de produire une redistribution de la richesse créée. Nous sommes pour une taxation des revenus financiers et des mouvements spéculatifs financiers (taxe Tobin).

Version 2 :

La Gauche européenne propose une alternative à la domination des marchés financiers, à l’insécurité sociale et à la flexibilisation généralisée du marché du travail, aux logiques qui conduisent aux délocalisations et la mise en concurrence des salariés. Elle défend les propositions de taxation des revenus financiers et des mouvements monétaires, comme la taxe Tobin. Elle mène campagne pour la redéfinition des pouvoirs et des missions de la Banque centrale européenne. Il est nécessaire de construire des outils européens pour empêcher le dumping social et fiscal. Cela pourrait être réalisé au moyen de la citoyenneté de résidence et par l’extension à l’ensemble par l’harmonisation à l’échelle du continent des législations sociales et du travail. Nous devons y réfléchir et construire une protection sociale européenne universelle qui garantisse des droits universels et inaliénables ; elle devra constituer un modèle de civilisation différent. Face aux prétentions hégémoniques des grandes puissances et des institutions financières internationales, et à la crise de l’unilatéralisme des États-Unis, la revalorisation du rôle et de la responsabilité d’une Organisation des nations unies réformée et démocratisée doit être réaffirmée. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Gauche européenne est opposée à la démarche actuelle de l’Accord de partenariat économique (APE) qui enferme les relations commerciales avec les pays africains et méditerranéens, selon une méthode néocoloniale et inégalitaire, celle des directives du FMI et de la Banque mondiale. Quant à la politique européenne de voisinage (PEV), dans la même logique, elle se révèle incapable d’établir des relations de codéveloppement, au risque d’aggraver dangereusement les inégalités, les écarts de croissance. Si on veut répondre aux défis du développement, c’est un nouveau modèle de coopération dégagé des critères ultralibéraux que l’Europe doit mettre en œuvre. Cette réorientation est d’autant plus nécessaire avec les défis inédits posés par l’élargissement.

B. La guerre permanente et le mouvement pour la paix.

Le cadre international reste marqué par la guerre. L’unilatéralisme mis en place par l’Administration néoconservatrice américaine après le 11-Septembre est en situation de blocage. Cette stratégie est confrontée actuellement à un échec politique et de consensus, non seulement international, mais aussi intérieur, comme l’a montré le récent vote à mi-mandat du Congrès américain. Cet unilatéralisme a reculé, mais n’a pas encore subi la défaite. Le véritable problème que nous affrontons est l’absence de politique alternative qui soit capable tout à la fois de l’isoler et d’ouvrir des processus de paix qui puissent renverser la situation.

En réalité, la stratégie de la guerre préventive est l’outil pour imposer au monde entier la loi américaine, très loin des buts déclarés de sa version idéologique, à savoir la guerre contre le terrorisme (celui-ci étant d’ailleurs propulsé par cette stratégie). C’est ouvertement revendiqué dans le projet du “ Nouveau Siècle américain ” et dans le projet du “ nouveau ” ou “ grand ” Moyen-Orient, qui a pour objectif de contrôler une zone clé pour les ressources stratégiques. Les néoconservateurs aspirent à créer un nouvel ordre mondial qui expulse la loi internationale et qui fonde la suprématie des États-Unis sur la force militaire brute, alimentant une course au réarmement mondial qui aujourd’hui est nettement visible pour tout un chacun. Mais il n’y a pas d’alternative politique et diplomatique à ce véritable état de crise de la politique impériale. L’Europe pourrait jouer un rôle clé dans la construction de cette alternative, mais, une fois encore, elle n’est pas à la hauteur de la tâche. Il existe un écart de plus en plus évident entre la volonté populaire et la politique et les actions des gouvernements. Il y a un vide de la politique en l’absence d’une Europe jouant un rôle d’acteur politique capable de proposer une alternative politique et diplomatique, capable de parler aux Méditerranéens et à propos de la Méditerranée en la considérant comme une zone naturelle et primordiale de notre avenir.

À cet égard, la politique est incapable de répondre aux attentes concrétisées par les mobilisations extraordinaires du mouvement pour la paix, tant sur notre continent que dans le monde. Pensons seulement à ce qui est arrivé concernant l’affaire des vols secrets de la CIA. La lutte pour la paix demeure un élément décisif de toute alternative au modèle de civilisation promu par les politiques néolibérales pour répondre aux défis mondiaux. L’Europe et l’Union européenne peuvent et doivent jouer un autre rôle, pour un ordre mondial fondé sur la loi internationale et la Charte des Nations unies, en tenant compte des évolutions des soixante dernières années pour engager sa réforme démocratique. Cela signifie que le Parti de la gauche européenne se prononce pour une politique internationale et un ordre mondial basés sur la suprématie de la loi internationale contre la loi arbitraire du plus fort ; contre la puissance militaire, qui est le résultat catastrophique des cinq années de guerre préventive et permanente conduite par les États-Unis.

La Gauche européenne confirme son engagement pour une Europe de paix, une Europe autonome et indépendante des États-Unis. De ce point de vue, il est nécessaire de mettre en question la relation stratégique avec l’OTAN, nécessaire de l’abolir. Il est nécessaire de rejeter clairement les tentatives en cours pour diviser et militariser, comme, par exemple, le Bouclier spatial européen. D’abord, ce projet sape l’autonomie européenne ; ensuite, il fait partie intégrante d’une stratégie de réarmement mondial et de contrôle militaire des relations internationales. Nous voulons une Europe, une Europe qui soit un lieu de dialogue entre les civilisations. Une Europe sans bases militaires, indépendante des États-Unis ; une Europe qui puisse devenir un acteur influent à part entière. Cette fonction ne doit pas être déterminée par une politique de réarmement ou de puissance, mais par un rôle actif dans le monde pour promouvoir des processus de paix et de désarmement total.

Nous proposons une alternative à la PESC (Politique extérieure et de sécurité commune) telle qu’elle est proposée et mise en œuvre aujourd’hui car elle est basée sur le réarmement et sur une intégration arrimée à l’OTAN.

Le Parti de la gauche européenne récuse l’utilisation de la force pour régler les conflits. Avec les mouvements pour la paix, il travaillera au rassemblement de tous ceux qui s’opposent aux politiques militaristes et néo-impérialistes. La demande est plus forte aujourd´hui d’une Europe qui s´affirme en tant qu’acteur de paix, de sécurité, de coopération équitable et de stabilité au bénéfice de toute la planète. Ce rôle ne doit pas être et ne sera pas réalisé en termes de pouvoir militaire, mais par une Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) basée sur une conception à multiples facettes de sécurité non militaire. Un système de sécurité à l’échelle de toute l’Europe est également nécessaire, qui implique une nouvelle relation entre l`Union européenne et la Russie. Ainsi, apparaît le besoin urgent d’une relance d´un mouvement de désarmement, en particulier nucléaire, à l`échelle européenne et mondiale.

Pendant toutes ces années, le conflit israélo-palestinien et l’occupation par Israël des territoires palestiniens ont été la cause de guerres et de conflits marquant l’histoire récente du Moyen-Orient et de la zone méditerranéenne, un facteur permanent de déstabilisation pour le monde entier. La nécessité d’une solution juste de ce conflit semble de plus en plus devenir un besoin pour la communauté internationale tout entière. La condition d’un tournant politique réel dans cette région se situe dans la reprise de nouvelles négociations, à commencer par l’arrêt des actions militaires, des sanctions contre le gouvernement palestinien élu démocratiquement et par le dégagement des fonds palestiniens illégalement confisqués. Pour nous, il est totalement impossible d’imaginer des solutions quelles qu’elles soient si elles ne résolvent pas ces grands problèmes qui sont à la base des souffrances des Palestiniens : le retrait d‘Israël des territoires occupés depuis 1967, le sort des réfugiés, le statut de Jérusalem, avec la création d’un Etat palestinien viable.

L’échec de la politique de force d’Israël au Liban doit être considéré comme une occasion de relancer une dynamique concrète et efficace de paix et de négociations basée sur le droit international pour jeter les fondations d’un nouveau processus de paix. Plusieurs initiatives ont été prises dans la dernière période. Mais ces propositions ne peuvent pas être mises en œuvre sans une forte implication des pays qui exercent le rôle de médiateurs pour encourager les négociations entre les Israéliens et les Palestiniens. Depuis maintenant trop longtemps, l’Europe fait preuve de faiblesse stratégique, d’incapacité de jouer un rôle actif basé sur le droit international et sur une perspective solide de paix pour cette zone.

Le Parti de la gauche européenne est engagé dans la solution dite de “ deux États pour deux peuples ”, basée sur les résolutions de l’ONU. Dans ce cadre, le besoin émerge fortement à gauche de la réouverture d’un dialogue ayant pour but de définir un point de vue commun, une stratégie commune, un engagement commun. C’est pourquoi nous proposons une réunion internationale du Parti de la gauche européenne qui devrait prendre en compte, comme sujet principal, la gauche israélienne et palestinienne, étant conscients que ce type d’initiative pourrait devenir une contribution remarquable pour aller vers une paix juste au Moyen-Orient. Sommaire III. Pour un nouveau modèle social, démocratique et écologique

A. Une Europe sociale

L’Europe que nous voulons et pour laquelle nous luttons est une Europe du travail et des droits. Elle est une alternative à l’Europe de la dérégulation et de la diminution des droits, du dumping social sur les marchés étrangers et du conflit horizontal entre les travailleurs et les immigrés, entre l’Est et l’Ouest.

Le Parti de la gauche européenne lutte pour l’éradication du chômage et pour l’emploi pour tous, un emploi de qualité, pour une Europe sans précarité. On est en train de nous imposer un système de relations sociales totalement soumis au marché et dépourvu de droits au nom de la compétitivité et de la flexibilité. En opposition avec le Livre Vert de la Commission européenne, le Parti de la gauche européenne propose une législation prévoyant la convergence des droits égaux pour tous, le respect intégral des droits syndicaux, leur promotion, et des négociations collectives.

Dans toute l’Europe existe un important problème de salaires. La différence entre les riches et les pauvres s’accroît partout, bien que de manière plus ou moins marquée selon les pays. Les producteurs de richesse ont droit à un salaire adéquat, au moins en rapport avec la croissance de la productivité, de sorte que le travail monte au-dessus du niveau de la condition de marginalité sociale dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Cela remet au premier plan la relation fondamentale entre le travail et le revenu.

La question des salaires n’est pas seulement une question économique, mais un thème politique stratégique pour la gauche.

La hausse de la productivité doit être redistribuée parmi les travailleurs, notamment ceux dont les salaires ont perdu de leur pouvoir d’achat. En ce qui concerne un faisceau minimal de droits communs, le Parti de la gauche européenne propose que le salaire minimum européen soit un instrument permettant l’ajustement des niveaux salariaux vers le haut et non vers le bas. Dans toute l’Europe, des femmes sont employées pour assumer les tâches afférentes aux soins aux personnes, à l’éducation des enfants, etc. Cela permet aux gouvernements de renoncer à leurs responsabilités et de mettre en question les services publics existants. Les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes pour le même travail effectué ; les femmes sont souvent sous-employées et travaillent à temps partiel. En outre, le taux de chômage est plus élevé pour elles. Les femmes profitent moins que les hommes des systèmes de protection sociale : retraites et autres indemnités de Sécurité sociale, tant en quantité qu’en qualité.

Nous revendiquons l’égalité réelle entre les hommes et les femmes quant aux possibilités d’emploi, aux promotions et aux salaires. Nous exigeons des droits du travail, des règles de sécurité aux postes de travail, de véritables possibilités de formation pour tous et l’application de mesures qui nous permettent de rendre notre temps de travail compatible avec notre vie privée et familiale.

Nous proposons une harmonisation des systèmes fiscaux, notamment la fiscalité des entreprises, leur caractère progressif et des instruments de contrôle et de taxation des institutions de spéculation financière. Nous sommes pour un contrôle démocratique de la Banque centrale européenne et de sa politique, avec une redéfinition de ses missions, pour l’emploi et une croissance durable.

Pour le Parti de la Gauche européenne, le renouveau politique européen passe par la promotion d’un nouveau modèle de développement. Pour la Gauche européenne, la défense et la promotion des services et du secteur public sont une priorité.

Comme nous l’avons vu, le cœur de la civilisation européenne est attaqué par le processus de mondialisation capitaliste porteur de la généralisation et de la pénétration du processus de marchandisation. Le fondement d’une renaissance possible de l’Europe se situe dans la dé-marchandisation, dans des réformes structurelles effectives. Cette obligation demande de rouvrir le grand débat du quoi, du comment, du où et pour qui il faut produire. Ce n’est pas une entreprise nouvelle. L’histoire du mouvement ouvrier est marquée par la lutte permanente visant à soustraire des biens matériels et immatériels (le système social, le chômage, la dynamique salariale et de distribution) à la domination du marché capitaliste et des exigences des marchés financiers.

Dans ce contexte où, une fois de plus, la vocation totalitaire du capitalisme et le primat de la forme de la marchandise sont mis en évidence, la lutte pour soustraire du marché les biens communs, de la culture et de la science, du travail, du rapport entre l’homme et la nature, des rapports sociaux se situe au centre de l’alternative de société.

B. Une Europe de l’environnement et des biens communs.

Le capitalisme mondialisé intensifie la crise écologique. Son économie est orientée vers des transferts d’actions à court terme sur les marchés boursiers. C’est en profonde contradiction avec les cycles naturels à long terme. Des technologies environnementales sont hautement développées, mais, nulle part, la restructuration écologique des échanges commerciaux et des modes de vie n’est abordée de manière énergique. C’est d’autant plus grave qu’il sera nécessaire, au cours des toutes prochaines années, de décider s’il est possible d’éviter une catastrophe climatique mondiale. Des changements drastiques de notre mode de vie seront inévitables.

Les conséquences catastrophiques du modèle de développement capitaliste apparaissent de plus en plus clairement au plan environnemental. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, notre génération doit faire face à des changements climatiques résultant de l‘action directe de l’homme sur la biosphère. Un modèle basé sur la recherche obsessionnelle et exclusive du plus grand profit au coût le plus bas, tant du point de vue social qu’environnemental, à obtenir le plus rapidement possible, ne peut rien faire d’autre que détruire la planète. En 2020, trois milliards de femmes et d’hommes n’auront pas accès à l’eau, qui est une ressource de plus en plus rare, et de nombreuses tentatives existent pour la privatiser.

Nous avons besoin non seulement d’une politique de réduction du gaz carbonique, non seulement d’une maîtrise des niveaux actuels, mais aussi d’une politique énergétique prête à opérer un changement radical du modèle. Cela ne peut être réalisé qu’au moyen d’outils de programmation économique, au moyen d’un investissement dans les ressources renouvelables, et au moyen d’une politique d’économie et de réduction des déchets.

L’eau, l’énergie, la santé, l’éducation, les transports et les communications, tout ce que nous définissons comme des biens communs, doit appartenir au domaine public et défendu contre les processus de privatisation. Nous sommes pleinement d’accord avec les résolutions de l’Assemblée mondiale des élus et des citoyens pour l’eau (AMECE) qui a eu lieu en mars dernier à Bruxelles et nous soutenons entièrement ses exigences.

Défendre les services publics, les développer, créer les conditions de la maîtrise sociale, démocratique des grands secteurs indispensables à la vie en commun et à la protection de l’environnement est un des enjeux majeurs de l’action politique à gauche pour transformer l’Europe. Nos thèses mettent en évidence les caractéristiques les plus importantes pour “ une autre Europe ”. Elles tracent les contours d’une civilisation différente.

Nous luttons pour la paix, la démocratie, pour les droits sociaux et politiques, qui ne sont pas des paramètres séparés mais des éléments d`un développement alternatif dans sa totalité, d`un “ autre développement ” comme on a l`habitude de le dire.

Les éléments caractéristiques de notre “ alternative stratégique ” sont une économie de paix, des droits sociaux et démocratiques, une économie qui respecte l`environnement.

Une reconstruction institutionnelle démocratique profonde de l`Europe est une composante indispensable de la stratégie que nous poursuivons. Dans ce domaine, le Parti de la gauche européenne et notre large alliance politique et sociale, prenons la responsabilité historique de changer l’équilibre politique et les orientations politiques de l’Europe.

C. Une Europe de droits et de liberté

Pour cette Europe que nous voulons, il faut établir une vraie stratégie qui puisse donner leur place à une harmonisation vers le haut, à une dynamique vertueuse, qui ouvre une perspective totalement nouvelle pour le progrès social et le “ vivre ensemble ”.

Nous voulons ouvrir une nouvelle ère pour les droits fondamentaux. Le Parti de la gauche européenne est pleinement engagé dans la défense des droits civils, la liberté d’opinion et de contestation, d’organisation politique et syndicale pour chacun, sous toutes ses formes, contre les lois d’exception instituées dans presque tous les pays d’Europe après le 11-Septembre.

Le discours sur la “ guerre contre le terrorisme ” est utilisé pour justifier une restriction massive des droits fondamentaux et des libertés. Des méthodes barbares de domination sont utilisées avec de moins en moins de retenue, comme on peut le voir avec le camp de Guantanamo et, en Europe, avec les vols de la CIA.

Le Parti de la gauche européenne doit riposter résolument à ces politiques, en proposant un programme ayant pour objectif primordial la lutte contre la ségrégation sociale de la population migrante, fondée sur la reconnaissance de l’égalité en matière de droits politiques, sociaux et à l’emploi, ainsi que sur les instruments du codéveloppement au niveau international, lequel ne doit en aucun cas être lié à des obligations contractuelles imposées aux pays d’origine des migrants, telles que l’acceptation de l’expulsion ou de la répression infligée à ceux qui souhaitent exercer leur droit à émigrer.

Le droit d’asile doit également être réglementé et garanti au niveau européen.

Alors que, de manière irréfutable, la mondialisation économique et financière est celle de la production de marchandises et de services, de l’élimination des barrières pour les marchandises et la circulation des capitaux, la libre circulation de la main-d’œuvre semble aller dans le sens contraire.

Au niveau idéologique et politique, nous constatons un paradoxe dans les pays développés et donc dans les pays européens : les restrictions à l’immigration deviennent d’autant plus fortes qu’augmente le besoin de compenser la perte de population consécutive au taux de croissance démographique négatif et au vieillissement de la population pour pallier la réduction de travail qui en découle. La diversité ethnique, culturelle et religieuse des personnes impliquées dans les nouveaux mouvements migratoires est utilisée par les classes conservatrices.

Dans ce contexte, l’Union européenne, qui occupe actuellement une position dominante parmi les destinataires d’une proportion significative des flux migratoires, pèche cependant par l’absence de politique commune garantissant l’égalité des droits et des libertés. Dans tous les cas, l’adoption d’une politique commune de l’immigration a été proposée par les gouvernements des États membres comme étant la conséquence logique de la suppression/élimination des frontières intérieures et de l’effort porté sur le renforcement et le contrôle partagé des frontières extérieures.

Dès leur tout début, dans des dispositions intergouvernementales, toutes les décisions et accords ont été orientés vers un tel objectif. En fait, c’est la fonction exclusive de ce que sont en train de devenir les trois principes de base de la politique d’immigration de l’Union européenne : les accords de Schengen et la convention sur l’application de cet accord (acquis de Schengen) ; la convention de Dublin pour “ harmoniser ” les restrictions concernant le droit d’asile ; et les réglementations communes en matière de visas. Fondamentalement, cela signifie l’établissement d’une liste, de plus en plus extensible, de pays qui sont obligés de présenter des visas d’entrée dans l’Union européenne. Le renforcement d’organes tels que le FRONTEX, le soutien apporté à des mesures telles que l’externalisation de centres de détention pour migrants et mineurs à rapatrier, la “ sous-traitance ” de la répression à la source des voies conduisant vers l’Europe, ont tous la même finalité.

Pour cette raison, nous voulons remettre en question le système FRONTEX et faire en sorte que le droit des réfugiés soit garanti et rendu homogène aux législations les plus « généreuses » des États européens. Nous considérons de la même façon le droit à la santé comme un droit fondamental pour une Europe qui se veut démocratique et avancée. Le démantèlement progressif du système public est au contraire la preuve d’une politique néolibérale qui tend à réserver le droit à la santé, qui devrait être garanti à tout le monde, seulement à ceux ou celles qui ont les moyens de le payer.

Pour atteindre cela, la gauche européenne se bat pour obtenir dans toute l’Europe des financements justes pour les structures publiques, l’accès aux médicaments de base, le droit à la santé physique et mentale.

Le droit au travail doit être garanti à travers l’abolition de toutes les discriminations, qu`elles soient de religion, de sexe, d’orientation sexuelle, d’opinion et de pays d’origine.

Chacune, chacun doit avoir le droit de choisir librement sa profession. La réduction du temps de travail sera un de nos objectifs dans toute l’Europe. Nous poursuivons l’objectif du plein-emploi à durée indéterminée. Nous nous battons contre toute forme de précarisation, ainsi que pour une retraite digne pour toutes et tous. Chaque travailleur doit être protégé contre le licenciement. Tout licenciement arbitraire doit être sanctionné.

Le droit à la négociation collective, le droit de grève, le droit à l’organisation syndicale libre doivent de nouveau être garantis en Europe.

La précarisation totale des rapports de travail, en particulier pour les jeunes générations, et le principe de reconnaissance d`un droit individuel qui permette le développement des capacités et de « se défaire des lacets de la dépendance comme destin social », nous poussent à ouvrir un grand débat à gauche sur la définition d’un instrument qui puisse soustraire les citoyens européens au chantage d’un travail quelconque, dégradant ou mal payé. L`élargissement constant de l`Union européenne a accéléré la diffusion de ce phénomène. Dans ce sens, le revenu d’existence pourrait être une formule juste pour garantir une existence digne et pour soustraire un jeune ou un indigent au chantage du marché. Il y n’a pas de pleine citoyenneté si la famille dans laquelle on naît définit le périmètre des choix possibles.

La défense des services publics doit être inscrite au cœur des propositions d’une nouvelle Europe.

Les services publics, malgré les différences d’organisation qui existent dans les pays européens, ne doivent pas répondre aux règles de la concurrence et à la recherche du profit. Ils doivent, au contraire, assurer la satisfaction des besoins fondamentaux. Le service public doit impliquer une gestion démocratique et publique. Cela concerne la santé, comme nous l’avons vu, le logement, les transports, les moyens de communication modernes et l’éducation. La marchandisation et l’appauvrissement de la connaissance, de l’instruction et de la recherche doivent cesser. L’instruction doit de nouveau être considérée comme un droit fondamental de tous et accompagner le développement culturel de chacun. Il est nécessaire de garantir la complète indépendance de la formation et de la recherche pour les étudiants, les professeurs et les chercheurs. Elle doit échapper à la logique du profit à court terme. La recherche doit ainsi avoir des ressources publiques suffisantes. Cette Europe doit assurer les financements publics nécessaires pour la formation primaire, secondaire, et universitaire.

La recherche est au centre du développement civil et économique de tous les pays européens, c`est le futur des nouvelles générations.

Il faut adopter une nouvelle conception de développement économique, surtout dans le secteur de l`exploitation des ressources naturelles. Un modèle économique qui respecte l`environnement et qui soit centré sur le développement des capacités humaines.

Les ressources naturelles doivent être considérées comme un bien commun de l’humanité et elles ne peuvent pas être soumises aux droits de propriété intellectuelle et aux brevets. Elles doivent rester hors du champ de la privatisation et du marché ; et elles doivent être gérées par des politiques publiques de participation citoyenne.

L`eau est un bien commun et l`accès à l`eau potable est un droit fondamental pour chacun. L`accès à l`eau doit être garanti par des structures publiques

La terre aussi doit être sauvegardée contre les multinationales. Il faut mettre en œuvre des règles publiques qui découragent leurs pratiques, car nous sommes contre les systèmes agricoles polluants. Notre Europe doit respecter et garantir dans tous les domaines le principe d’égalité des citoyens en respectant leurs différences et la diversité. Pour cette raison, nous reconnaissons comme valeur fondamentale le droit à l’égalité affective et une libre orientation sexuelle. Cela doit être reconnu non seulement comme droit individuel garanti dans la sphère privée, mais aussi en tant que choix garanti et reconnu par l’État.

Toutes les institutions publiques doivent garantir la liberté des femmes et agir contre toutes les formes de patriarcat. Chaque femme, dans chaque pays, doit pouvoir décider librement de son corps, exercer le droit à l’avortement, à la contraception, à une maternité choisie et aux techniques de reproduction artificielle.

Une Europe démocratique et ouverte est une Europe qui affirme la laïcité de ses institutions publiques, qui garantit la dignité et la liberté de conscience de tous les citoyens, la liberté de pratiques religieuses individuelles et collectives, la liberté du citoyen de s’organiser et d’exprimer librement ses opinions politiques.



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