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NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION


de : himalove
mardi 23 novembre 2010 - 11h34 - Signaler aux modérateurs
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de HIMALOVE

En 1968, un philosophe, aujourd’hui, oublié, Herbert MARCUSE, nous mettait en garde : nous ne pourrons bientôt plus critiquer le capitalisme, parce que nous n’aurons plus, dans notre « arsenal », les mots pour le désigner négativement.

Trente plus tard, la prophétie se révèle juste : le capitalisme se nomme, « développement » (les réformistes proposent l’adjectif « durable » pour signifier la chose irréversible voire désirable).

L’exploitation de l’homme s’appelle « gestion des ressources humaines » et la domination d’une minorité d’exploiteurs sur le plus grand nombre, « démocratie » ou « partenariat ».

Les guerres lointaines sont des « opérations chirurgicales » et les morts, tués par des missiles, fabriqués par nos ouvriers de chez Thalès, des « dommages collatéraux ».

C’est le règne de l’euphémisme et de la politesse envers l’impérialisme, rebaptisé « le village global », un « politique » qui en montrerait bruyamment la fausseté ou les nuisances serait traité de « populiste »...

Cependant dans les pays réduits à être, selon l’expression anglo-saxonne, des « failed states », la mince pellicule de civilisation que porte notre langage vole en éclats.

Les forces d’occupation qui accompagnent les mots de l’Occident perdent leur flegme britannique : on traite tout indigène, vitupérant contre le système, comme un « taliban » ou un membre d’Alquaida.

Aucune précaution oratoire n’est prise avec les hommes, femmes, enfants, qui ne partagent pas notre langue commune.

En plus des bombes, provenant de notre économie, que l’on déverse sur leurs villages, par milliers de tonnes, on piétine leurs corps de mensonges.

La chose pourrait être contenu derrière un mur de propagande mais le sang des afghans, irakiens, africains coule sous nos portes...

Cette sinistre politique coloniale vient, aujourd’hui, éclabousser nos préfectures et mairies où le ministère de l’Intérieur maltraite l’étranger.

Incapable de gagner la guerre chez eux, on se venge sur le réfugié dans ce qu’il a de plus intime.

La langue qui nous sert à régler nos conflits discrimine ceux et celles qui demandent des cartes de séjour.

On exige non seulement leur soumission mais qu’ils singent le comportement des Blancs les plus serviles.

Ci-joint le lexique des mots du pouvoir que l’étranger et le prolétaire doivent apprendre par cœur pour survivre, en terre riche et hostile.

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Commentaires de l'article
NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INTRUMENT DE LIBERATION
23 novembre 2010 - 12h47

En refusant de lancer le debat public sur le programme europeen alternatif, immediatement apres la crise grecque (decembre 2008), les partis “d’extreme gauche”,dans toute l’Europe,ont cree un boulevard au capitalisme en effondrement.

est ce un hasard,une faute ou une attitude intentionnelle en vue de strapontins en 2012 ?

La reponse importe peu,le mal est fait,le temps perdu en periode de crise ne se rattrappe plus...

Les directions des partis ont failli,n’ont pas fait confiance a la société pour elaborer collectivement ce programme que la société attend desesperemment.

Le temps des bureaucrates attentistes,tacticiens est fini.

Place a l’auto elaboration,l’auto organisation.......,sans illusion sur les echeances electorales.

Pour survivre toute coordination,assemblée doit a un moment ou un autre proposer un programme minimum d’objectifs qui montre la voie au plus grand nombre, qui propulse les sympathisants,en actifs ayant depassé la greve par procuration.

La coordination internationale a construire doit s’emanciper des partis et se donner la tache d’elaborer le programme d’emancipation que la société attend.

Oui a une insurrection simultanée des peuples europeens armés, aussi,d’un projet majoritaire..



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INTRUMENT DE LIBERATION
23 novembre 2010 - 20h02 - Posté par Gilles

Dans la liste des mots il manque "pragmatisme" !!!



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION
24 novembre 2010 - 07h33 - Posté par Bernard Gensane

Merci pour cet article très intéressant.

Le mot "pédagogie" n’est pas mal non plus.

Depuis que le capitalisme financier est totalement aux commandes, non seulement de la finance, mais encore de l’économie, et surtout de la politique, ses relais dans l’opinion (hommes et femmes politiques, journalistes, responsables d’instituts de sondages) se gargarisent du mot “ pédagogie ”. Ce très vieux terme (1495) a pris la place de ce qu’on appelait autrefois “ propagande ”, de ce qu’on dénomme aujourd’hui, grossièrement, par le vocable “ vaseline ”. En un mot, pour contaminer les cerveaux, pour faire entrer dans les pauvres milliards de têtes que le bonheur, que le salut passe par le pouvoir absolu des Marchés, que les êtres humains sont au service de l’économie capitaliste, il faut « faire de la pédagogie ».

On ne peut qu’être écœuré par l’utilisation, aux fins de bourrage de crâne, d’un mot qui, jusqu’alors, impliquait, au contraire, la libération des esprits. C’est toujours la même chose avec le capitalisme, son idéologie, ses pratiques culturelles de masse : il se saisit d’un concept riche, qui a traversé l’histoire, qui s’est nourri des humains et les a nourris, et puis il simplifie, travestit, trahit selon ses intérêts les plus étroits.

Avec l’aide du Robert, rappelons deux ou trois petites choses.

Le terme « pédagogie » dérive du grec παιδαγωγία, de παιδός (/’paɪdɔs/), « l’enfant », et ἄγω (/’a.gɔ/), « conduire, mener, accompagner, élever ». Nous sommes donc dans l’éducation, dans la direction des enfants. Écoutons Renan se souvenir : « Sans rien de ce que l’on appelle maintenant la pédagogie, ils pratiquaient la première règle de l’éducation, qui est de ne pas trop faciliter des exercices dont le but est la difficulté vaincue. » Ce qui signifiait de la lenteur, de la méthode, des obstacles que l’on surmonte. Le contraire du remplissage des cerveaux vides par TF1. Parlant de la culture de la mémoire, Georges Duhamel nous dit qu’en tant que méthode pédagogique, elle a « d’abord pour effet de laisser, au fond de l’esprit, des sédiments utilisables. » La pédagogie, c’est la douceur, le contraire de ce que prônait, selon Alain, le philosophe anglais Locke : « Il ne connaît d’autres moyens que le fouet pour corriger l’enfant menteur. »

À la Renaissance, un des grands précurseurs de la pédagogie fut Rabelais et son abbaye de Thélème, un univers moral de dépassement de soi. Il fut férocement critiqué par Sainte-Beuve (qui critiquait tout mais la sainte n’avait pas toujours raison) qui voyait dans Gargantua « le dernier legs du moyen âge expirant, une éducation crasseuse et routinière ».

Pour Rousseau, dans sa préface à l’Émile, la pédagogie était « l’art de former les hommes ».

Pour le penseur étasunien John Dewey, influencé par Darwin, l’esprit humain était en constante évolution, sous l’influence de son milieu, de ses expériences, de ses actes. Il prôna donc une pédagogie active, socialisante : apprendre en faisant.

On a pu se méfier des pédagogues. Le mot “ pédant ”, qui signifiait à l’origine “ précepteur ” est proche. Émile Henriot, que le féminisme n’a jamais vraiment effleuré, disait que Madame de Maintenon n’attirait pas la sympathie parce qu’elle était « dévote, pédagogue et chagrine ». Pour Molière, dans Le Dépit amoureux, « faire le pédagogue », c’était « prêcher en chaire ».

Le mot “ pédagogie ” redevint totalement positif au XIXè siècle. Fondateur du mouvement coopératif, forte personnalité socialiste et laïque, Robert Owen (l’un des pères de l’enseignement primaire outre-Manche) demandait à la pédagogie d’éveiller la curiosité des enfants.

Cofondateur de la Ligue des droits de l’homme, prix Nobel de la paix, Ferdinand Buisson définissait la pédagogie comme « la science de l’éducation, tant physique qu’intellectuelle et morale ». Pour Durkheim, elle impliquait une « réflexion méthodique » : « L’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels et mentaux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu social auquel il est particulièrement destiné ». La pédagogie était donc à la fois une théorie et une pratique, permettant de réfléchir sur « les systèmes et les procédés d’éducation ».

Et l’on ne parlera pas de Ferrière, de Decroly. Ni de Célestin Freinet, bête noire de la droite dure française pendant toute sa vie professionnelle. Il est vrai qu’il avait accueilli dans son école de Vence des petits juifs allemands et des enfants de Républicains espagnols. Pour le coup, nous sommes vraiment loin de Jean-Marc Sylvestre...



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION
24 novembre 2010 - 08h51 - Posté par tadbrenn

Extraordinaire, ce tableau !
Merci pour cet oeuvre !



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION
24 novembre 2010 - 19h57

Pour Rousseau, dans sa préface à l’Émile, la pédagogie était « l’art de former les hommes ».

nous dit BG. Mais les former à quoi ?

« Pour Rousseau, on le sait, la civilisation est mère de tous les vices en ce qu’elle dissout la seule vertu qui compte, la sincérité. Mais il y a plus : en gratifiant Émile d’un éducateur transparent, d’un environnement presque expérimental susceptible de laisser se développer sa spontanéité et sa confiance dans les hommes en le préservant du commerce avec la civilisation, il remplace explicitement par un "dispositif", c’est-à-dire une "machine", la dissimulation qui caractérise le rapport entre adultes et enfants, et qui n’a rien à envier aux dispositifs de surveillance foucaldiens. Rousseau ne conseille-t-il pas à son précepteur : "que votre élève croie toujours être le maître, et que ce soit toujours vous qui le soyez. Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même [...]. Sans doute, il doit faire ce qu’il veut ; mais il ne doit vouloir que ce que vous voulez qu’il fasse ; il ne doit pas faire un pas que vous ne l’ayez prévu ; il ne doit pas ouvrir la bouche que vous ne sachiez ce qu’il va dire. » resitue Emmanuel Belin.

Rappelons-nous ce que visait l’école de la République à l’époque où il fallait civiliser l’ouvrier comme le nègre : « Pour que la réforme démocratique se propage dans le monde, quelle est la première condition ? C’est qu’une certaine éducation soit donnée à celui qu’on appelait autrefois un inférieur, à celui qu’on appelle encore un ouvrier, de façon à lui inspirer ou à lui rendre le sentiment de sa dignité ; et, puisque c’est un contrat qui règle les positions respectives, il faut au moins qu’il puisse être compris des deux parties. » Jules Ferry. Signer un contrat de travail (de servage), un contrat d’achat d’objet de consommation (d’aliénation), en ingurgitant le "parler" bourgeois (de la domination).

Si Himalove nous invite, comme d’autres depuis longtemps mais pas plus entendus, ce n’est certainement pas pour se « gargariser de pédagogie » même pour dénoncer la propagande.

« La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire. La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître… un point c’est tout », résume Lewis Carroll.

Avant de traiter d’éducation, n’est-il pas plus urgent de traiter de "politique", c’est-à-dire de la manière dont nous devrions élaborer collectivement notre parole pour décider de ce qui nous concerne (qui devrait...) et du monde que nous voulons (et ça n’a rien à voir avec le nirvana sirupeux des communautés babacool, (que je ne confonds pas avec les volontaires de la décroissance)).

Ce qui demande de la constance, de la pugnacité car ça n’a rien non plus d’un long fleuve tranquille parce que nous partons de loin.

À l’heure où il suffit qu’un nabot maffieux promulgue une loi (SA loi, i.e du medef) pour que « nous partîmes cent mille mais par un prompt retrait, nous nous vîmes dix mille en arrivant au port (de Toulouse) », c’est sur cela que ceux qui sont dans les dix mille doivent insister sans cesse pour contrer autant que faire se peut la LQR et l’absence de pugnacité des ... "citoyens". Plutôt que repartir comme en 40 avec les bavardages stériles sur les Besancenot et autres Mélanchon.

En-deçà des mots, il y a la parole... en acte. Et l’acte de pouvoir, ou le pouvoir de l’acte est toujours une aventure. Le contraire du fantasme confortable des calendes grecques de... 2012.



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION
1er décembre 2010 - 20h17 - Posté par Eli

, ... excellent !



NOTRE LANGAGE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE LIBERATION
13 décembre 2010 - 06h56 - Posté par yapadaxan

Il se peut que je me trompe fort, mais il me semble que la préoccupation d’Himalove est une démystification du langage comme forme trompeuse de "mieux-disant" à seule fin d’enrober l’idéologie droitière qui met en oeuvre tout un nouveau lexique de l’exploitation sociale et de l’oppression politique, dans ses formes les plus élaborées de représentation du Réel.

Il va même plus loin puisqu’il tient à démystifier le rôle joué par la gauche gouvernementale dans la mise en place d’expressions, de notions et de concepts. Ce en quoi il a entièrement raison.

L’air de rien, la gauche socialo-communiste, de 1981 à 1995, a accompli un véritable travail de travestissement de la langue. C’est ainsi que l’on a parlé de techniciens des surfaces, d’agents d’ambiance, qu’on a débaptisé les Collèges d’enseignement technique pour les dénommer Lycées d’enseignement professionnel, puis Lycées professionnels.

La casse industrielle et le chômage massif qui s’en est suivi a "donné" l’idée, à cette gauche au pouvoir, de maintenir plus longtemps les élèves des CET devenus LP. On a pompeusement nommé des filières par des noms ronflants, on a augmenté la durée scolaire : 3 ans pour un CAP + 2 ans pour un BEP, avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de passer un Bac pro en 2 ou 3 ans supplémentaires.

Dans le même temps, on a défini un nouvel objectif : 80% d’une classe d’âge au niveau du Bac. Ne nous y trompons pas : le chômage des jeunes a crû alors qu’on allongeait la durée scolaire et que l’on dévalorisait le Bac. L’inflation langagière a permis de transformer artificiellement des collégiens et des lycéens en "étudiants". La jeunesse n’y gagnait rien, y perdait même, mais pouvait s’enorgueillir de se payer de mots.

Cette propension à déguiser lexicalement, langagièrement, les situations scolaires puis professionnelles s’est élargie à l’intérieur du langage lui-même. Et a servi à désigner d’autres réalités. Le consensus, le politiquement correct, la pédagogie du débat digne et "citoyen" ont exercé cette dictature du mou et du centrisme. Point d’excès, de la mesure !

A maints égards, on a réhabilité les comportements de l’âge classique en réempruntant (sans le savoir) à Aristote et à sa médiocrité, à la haine civilisée des excès de "l’honnête homme".

Le PCF, par exemple, a renoncé à la terminologie marxiste et s’est approprié le jargon économique de la pensée bourgeoise. On ne dit plus : "plus-value" mais : "valeur ajoutée"...

On est entré, ainsi, dans l’ère artificielle de la "mort" des idéologies et de la pensée unique. L’emprunter, c’est renoncer à être soi : communiste révolutionnaire. Fini le temps des tribunes, des discours passionnés et emportés. On est "populiste" si l’on cède à la conviction bouillante. Il faut être froid et lisse, maître de soi, digne, "civilisé". Plus d’indignation, plus d’imprécations. Cette façon de parler induit une façon d’être, de se comporter. Il faut se donner l’air du spécialiste, de l’expert. Ne pas faire amateur, mais professionnel. Etre en chaire et exposer. Il faut être pédagogue mais aussi didactique. N’être pas naturel, mais apprêté. Donner à penser qu’on domine tellement son sujet qu’on se domine soi-même. Se maîtrise. Il y a donc toute une théâtralisation de la parole, toute une mise en scène. Un jeu d’acteur qui est celui de l’homme ou de la femme politique.

Et c’est tout cela que l’on enseigne, que l’on transmet. Non plus seulement des connaissances, mais des codes. Des codes de paraître, de dire, d’agir. Sans le moins de personnalité possible. Sans subjectivité.

Il va de soi que l’on emprunte beaucoup à la faconde universitaire, savante, voire érudite. On est dans l’art d’agréer, de persuader. Dans la séduction standardisée. Etant bien entendu que ce faisant on s’éloigne du "peuple", du vulgus. La représentation est faite pour édifier, impressionner, s’installer dans l’autorité du savoir, n’étant pas dit mais visible que le public auquel on s’adresse (de plus en plus téléspectateur) ne possède pas ces codes pour "soi", qu’il en est, dans son naturel, étranger. Et qu’on intervient du haut d’une chaire imaginée, non présente, absente mais fort active le temps du discours.

Mélenchon possède ces codes. Il passe du langage provisoirement relâché (histoire de faire peuple, copain-copain, camarade) au langage standard, voire soutenu (histoire de rappeler à ses pairs ou interviewers "éduqués" et cultivés qu’il est AUSSI de leur monde, lui-même cultivé).

Non seulement le langage n’est pas neutre mais il suppose et contient les codes de communication qui lui sont annexés : l’apparence vestimentaire (voir la coiffure de Borloo 1er ministrable, une vraie caricature !), l’élocution, la diction, les manières et les tics, les gestes, la voix, son ton, son débit, etc.... Car tout cela fait "sens" et est une communication non verbale, pas vraiment oralisée.

J’ai lu, ci-dessus, les contributions qui font assaut de citations d’auteurs. Et il y a beaucoup à dire. Sur la pédagogie, d’abord, et ses différents âges. De Platon et Aristote aux théoriciens les plus récents, en passant par Erasme, la Sorbonne médiévale de Saint Benoît, de Rousseau et bien d’autres. Sur le rapport connaissances du monde et leur contenu démocratique ensuite.

Au jour d’aujourd’hui on nous interdit de fumer, on contrôle notre taux d’alcoolémie, le port de la ceinture, etc.... autant de situations où le citoyen adulte est surpris à commettre des fautes. Infantilisé, celui-ci se heurte à l’autorité et à sa morale. Il y a une instance supérieure. Et ça, c’est sacrément une pédagogie ! Celle de l’obéissance, du citoyen tenu pour mineur. Et la téloche nous répète à satiété ses conseils de santé, au comportement idoine en fonction des caprices météorologiques, des accidents domestiques. L’adulte citoyen est toujours plus décrit comme un individu mineur qu’il faut contamment chaperonner.

Exactement comme au XVIIème siècle lorsque les dévots s’étaient attachés à sauver tout le monde en l’enfermant : jeune mère célibataire, adolescent révolté, libertin notoire, etc....

Car le langage et les codes communicationnels sont cette vaste prison que la redondance morale et pratique renforce.

Et pour finir, je dirai que l’école devient toujours plus un espace étroit de non-liberté où l’on apprend aux plus jeunes non seulement à accepter leur malchance mais surtout à se la fabriquer...






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