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LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion

de : Patrick MIGNARD
samedi 15 mars 2008 - 13h07 - Signaler aux modérateurs
6 commentaires
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de Patrick MIGNARD

Les élections, quoiqu’on puisse en penser constituent incontestablement un évènement politique, certainement pas pour ce qu’elles permettent … de manière générale rien d’essentiel, mais parce qu’elles sont un mode de fonctionnement politique d’une collectivité. A ce titre elles méritent analyse. C’est donc plus en observateur, voire anthropologue, que je me place qu’en analyste politique proprement dit.

Si l’on a un regard « décalé » on ne peut que constater que rien d’essentiel ne s’est véritablement produit lors de ce scrutin… car rien ne pouvait se produire….

ILLUSON D’OPTIQUE

La plupart des observateurs politiques voient un changement. Ceci est du à la spécificité des lunettes qu’ils portent. Munis de ces lunettes constituées d’un verre aux couleurs de la Droite et d’un autre aux couleurs de la Gauche, ils ne peuvent qu’avoir une vision tout à fait orientée dans le sens non pas de ce qui est, mais de ce que le système électoral a prévu.

Il y a en fait incontestablement une stabilité du corps électoral. L’abstention se maintien et ne peut être que difficilement interprétée quant à sa signification.

Le reste du corps électoral se réparti à peu près de la même manière entre les grands « courants » de la politique politicienne… c’est ce qui fait croire - ce qui est un peu vrai - aux centristes, ce marécage mouvant, qu’ils peuvent jouer un rôle puisque les « changements » se font aux « marges internes » (à droite pour la Gauche et à gauche pour la Droite- l’extrême-droite étant hors jeu !) des deux grands courants.

Si l’on prend du recul, si l’on examine sans a priori le « phénomène électoral », ça semble bouger, mais rien ne change, de fait, fondamentalement… ce qui peut se résumer par « les élections passent, les problèmes demeurent ».

MECONTENTEMENT SOCIAL ET RESULTATS ELECTORAUX

Le décalage entre les deux est énorme. En effet, si le mécontentement social actuel devait s’exprimer en terme politique on aurait du observer un véritable raz de marée de la Gauche… c’est du moins ce que l’on est en droit d’attendre logiquement. Or ce n’est pas du tout le cas. Alors de deux choses l’une :

ou bien il n’y a pas de mécontentement social, ou bien l’élection est incapable de l’exprimer.

Or, il y a bien mécontentement social… comment se fait-il donc que les élections soient incapables de l’exprimer ?

Ceci montre qu’il y a dans le processus électoral « quelque chose » qui stérilise l’expression politique. Mais qu’elle est la nature de ce « quelque chose ». Ce « quelque chose » n’est bien sûr pas unique et homogène, il est constitué par un ensemble de comportements, de croyances et de techniques de manipulation de l’opinion.

La culture politique : on est de gauche, ou de droite, par tradition, souvent familiale, comme on est catholique ou protestant.

La fidélité : à un parti, à un homme ou une femme, à un symbole, à un idéal,… ou ce que l’on croit être un idéal ;

Le légitimisme : la fidélité à l’autorité, au pouvoir en place, à celui qui représente symboliquement la République, le peuple, la démocratie,…autrefois le roi, Dieu….

La peur du « changement », de l’ « inconnu »… « Il vaut mieux ça que rien »… « Untel on le connaît, les autres, on ne sait pas !... »

Le marketing politique - se sont toutes les techniques de persuasion développées par les candidats et empruntées à la publicité commerciale… et ça marche dans une certaine mesure… en particulier vis-à-vis des indécis… qui font de fait les majorités.

Tous ces facteurs jouent dans le sens de la stabilisation du corps électoral. Les changements ne se font qu’à la marge. Le marketing politique jouant dans les deux sens : stabilisation et débauchage.

IL EST URGENT DE NE RIEN CHANGER

On en arrive à une situation figée, verrouillée, bloquée où rien ne change, rien ne peut changer…. Tout en donnant l’illusion du changement, de la mobilisation,…

Celles et ceux qui jouent le jeu et l’assument publiquement s’y sentent parfaitement à l’aise et parlent même de « leurs » électeurs, « leur » électorat, donnent des « consigne » de vote,… Ce sont les professionnels de l’élection, de la politique, de la manipulation, des promesses,…

Il n’y a en fait aucun rapport entre le résultat de l’élection et ce qu’elle est, en principe, sensée exprimer. Tout est fait, nous venons de le voir pour que le résultat n’ai fondamentalement aucun sens, pour que tout continue comme avant, en donnant l’impression que « le peuple a choisi ». Or, même si formellement il s’est exprimé, il n’a, sur le fond, rien choisi.

C’est cette alchimie subtile fondée sur la manipulation, le conservatisme individuel et collectif et la dépossession d’une quelconque pratique sociale (« votez nous ferons le reste »), qui constitue l’essence même du processus électoral et en fait un processus particulièrement pervers et mystificateur.

Si l’on adhère, sans conscience et sans esprit critique (ce qui est le cas de la majorité des électeurs/trices), à ce contexte, on est pris dans sa logique et ça donne l’attitude aujourd’hui, en particulier, de l’extrême-gauche qui joue le jeu tout en s’en cachant, mal, derrière un discours radical purement verbal. Ces organisations comme les grands partis sont devenues des « boutiquiers électoraux » qui comptent et gèrent « leurs » voix comme Arpagon comptait son or…

COMMENT SORTIR DE CE PIEGE ?

Certainement pas en s’y enfonçant un peu plus… Pas plus que, simplement, en le dénonçant - c’est nécessaire, mais largement insuffisant.

Alors ?

Seule l’expression concrète d’une alternative peut enrayer cette logique. Peut-être pas l’enrayer tout de suite, mais, à terme, la rendre totalement obsolète, et remplacer cette caricature de démocratie formelle par une véritable expression démocratique.

Le vrai terrain du changement n’est pas dans les élections mais dans des structures alternatives expression d’un changement des rapports sociaux.

Rien n’est évidemment fait pour favoriser ces initiatives, au contraire. Tout est fait pour résumer à sa plus simple expression l’existence citoyenne : l’élection. Le système va même jusqu’à faire « singer » aux enfants les pratiques électorales, les conditionnant en cela à la soumission à un processus qui les instrumentalisera un fois adultes.

Une fois le scrutin passé chacun-ne va s’en retourner à ses occupations, les affaires vont continuer, les licenciement se poursuivre, les prix augmenter et les officine politiciennes après un « repos bien mérité » prépareront les « prochaines échéances électorales »… en nous expliquant que le peuple et souverain et que c’est ça la démocratie. Ainsi soit-il !

Patrick MIGNARD Mars 2008

Voir aussi :

« VICTOIRE DE « LA « POLIQUE,… MORT « DU » POLITIQUE »

« SE REAPPROPRIER L’ECONOMIQUE ET LE SOCIAL »

« DE L’ELECTORALISME EN POLITIQUE »


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Commentaires de l'article
LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
15 mars 2008 - 14h19

Tout est dit. Mario



LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
15 mars 2008 - 20h54 - Posté par HENRI

Si les élections permettaient de changer les choses ,il y a longtemps qu’elles auraient été abolies....


LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
15 mars 2008 - 21h17 - Posté par

Pas tout, parce que derrière les élections se prennent presque en secret, des décisions qui bouleversent peu à peu les habitudes de vie et qui risquent de rendre "obsolètes" et de bousculer les rapports de forces traditionnels : les élections, en particulier celles-ci dissimulent la mise en oeuvre de la "prolétarisation" de couches sociales jusqu’ici épargnées, la "lumpenprolétarisation" des ouvriers y compris qualifiés... Les élections sont encore moins aujourd’hui représentatives des différentes catégories du corps social, elles représentent encore moins l’imaginaire des gens qui votent à droite comme ceux qui votent à gauche, . Il y a un décalage, un hiatus, entre leur vision d’eux même de leur place dans la société et la réalité. La situation devient explosive. JdesP


LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
15 mars 2008 - 21h08 - Posté par UN chouka

C’est une démonstration claire de ce qui se passe de plus en plus dans ce pays au moins,et c’est le chacun pour soi qui rèste la seule issue au problème.Il y en a pour dire que c’est un des buts echèrché par les "maitres de ce monde vénal ,et individualiste par nature ".
Ainsi tout un chacun est invité a spéculer, tricher sans se faire prendre ,prendre langue avec des "complices "pour faire des affaires juteuses ,piétiner joyeusement les vies des vaincus etc........... ?Partant de là, comment aller voter et surtout pour qui puisque au fond, "nous " savons bien que ce ne sera surtout pas dans notre intéret , si nous sommes de la population du bas, qui attend son salaire pour continuer "notre galère sans fin ,et sans but " ?
Quel intéret auraient les gens du bas pour ces pratiques qui ne sont élaborées que our les fortunés ?
Voila que des gens se disent que peut etre la sortie est ayeur pour eux ?Salut a vous.



LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
17 mars 2008 - 09h52

Je suis plutôt d’accord avec ce qui est dit, mais je rajouterais deux choses :
 L’abstention progresse toujours plus jusqu’à atteindre (une fois de plus) son niveau record : cela marque pour moi un divorce de plus en plus criant de la "démocratie représentative" - ou de son exercice - avec les citoyens. Ce phénomène conscient - ou pas - induit une crise de la démocratie que l’on sous-estime trop.
 Dans le début d’une formulation d’une réponse à ce problème : "Le vrai terrain du changement n’est pas dans les élections mais dans des structures alternatives expression d’un changement des rapports sociaux."

1. Il faut, je crois, expliquer ce que sont ces "structures alternatives".

2. Quel poids de ces structures sans réformes institutionnelles globales ? Quelles possibilités de réformes institutionnelles globales sans vote massif, sans investissement citoyen dans l’exercice démocratique ?

Ben



LE SILENCE DES URNES : Matière à réflexion
17 mars 2008 - 12h04

L’intercommunalité, une faille dans la démocratie ?

Les élections municipales ne vont pas désigner ceux qui exercent le vrai pouvoir, qui se situe, de plus en plus, au niveau intercommunal. Le système actuel introduit ainsi un suffrage à deux étages, les maires élisant les patrons de communautés d’agglomération ou de communes.

Depuis trente ans, les efforts des différents gouvernements, de droite comme de gauche, ont tendu à réduire le morcellement communal au travers de la coopération intercommunale. Dans les grandes et moyennes villes, les communautés urbaines (ou communautés d’agglomération) fédèrent les communes de l’ensemble de l’agglomération et même au-delà. En zone rurale, ce sont les communautés de communes. Faute d’avoir osé supprimer les petites communes, l’intercommunalité a introduit un échelon supplémentaire qui, loin de simplifier, complique un peu plus mais qui n’en est pas moins de plus en plus décisif dans l’élaboration des politiques locales.
La loi elle-même, au travers des dotations de l’Etat, encourage le transfert de compétences. D’ores et déjà, les transports, le développement économique, l’urbanisme , sont gérés à l’échelon communautaire.

Un lieu de cuisine politique subtile

Les conseils municipaux que l’on élit aujourd’hui à grand fracas se retrouveront-ils dès lors à la tête d’une coquille vide ? La situation est d’autant plus paradoxale que les instances communautaires sont élues, elles, au second degré. Elles sont l’émanation des conseils municipaux des communes composantes (leur élection a lieu une semaine après les élections municipales) et donc ne procèdent qu’au second degré du suffrage universel.
Cette logique institutionnelle conduit à des situations diverses : quand le maire de la commune principale peut détenir aussi la présidence de la Communauté urbaine, les choses sont claires. Ce fut le cas dans le mandat qui se termine de Gérard Collomb à Lyon, de Jean-Claude Gaudin à Marseille, de Jacques Peyrat à Nice, d’Edmond Hervé à Rennes.

Dans d’autres cas, la dualité des fonctions permet des arbitrages subtils au sein de la même majorité. C’est ainsi qu’elle a permis d’organiser à Strasbourg la cohabitation de Fabienne Keller (maire) et de Robert Grossmann (président de la communauté urbaine), vieux cacique de la politique locale qu’une relative impopularité éloignait de la fonction de maire, mais aussi à Toulouse celle de Jean-Luc Moudenc (maire) et de son prédécesseur devenu ministre Philippe Douste-Blazy (président de la communauté d’agglomération). A Lille, Martine Aubry avait laissé la présidence de l’agglomération à Pierre Mauroy, figure désormais historique de la ville.

Aucune règle ne limitant le cumul des mandats intercommunaux, certaines personnalités, interdites de mairie en raison de leurs autres fonctions, contournent la loi en gardant le contrôle de la structure intercommunale. Ainsi Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées n’est plus maire de Figeac, mais demeure président de la communauté de communes. .....................

http://www.marianne2.fr/L-intercomm...







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